Tour de France 2017 —> suite et fin

En avant pour la dernière ligne droite du Tour de France 2017!

Au programme de cette dernière, mais non des moindres, semaine:

Mardi 18 juillet: pour cette 16ème étape, le Tour de France part du Puy-en-Velay pour Romans-sur-Isère. Au kilomètre 28, les cyclistes quitteront les formations volcaniques pour rouler jusqu’à Tournon et Tain l’Hermitage sur des plateaux, collines et vallées, constitués de granites et de gneiss. On évoquera sans doute le vignoble mondialement connu de Tain l’Hermitage, qui pousse sur du granite plus ou moins recouvert d’alluvions du Rhône. Suivant son goût, on choisira un « Les Bessard », qui pousse sur un sol granitique, ou un « Meal » qui pousse sur alluvions.

Vignoble de Tain l’Hermitage, Frederick Wildman and Sons, Ltd

 

Mercredi 19 juillet: la 17ème étape part de La Mure. Nous sommes dans les Alpes, et pourtant on pourrait se croire dans le Nord! Cette ville fut longtemps un bassin houiller, qui a fermé il y a 20 ans. Tout le long de la route, les coureurs et les spectateurs pourront apercevoir de très beaux plis, montrant l’intensité avec laquelle les plaques Afrique et Europe se sont rentrées dedans pour former les Alpes. Au 69ème km, l’on pourra évoquer le barrage poids de Grand-Maison, dernier grand barrage construit en France, avec une centrale hydroélectrique faisant face en moins de 3 min aux pics de consommation des français! Puis au 100ème km, près de la Combe Bérard, la route passera juste devant d’anciennes carrières souterraines de gypse, exploité pour faire du plâtre. En redescendant le Galibier, puis le Lautaret, on en profitera peut-être pour évoquer le réchauffement climatique, avec le recul de 2 glaciers: le glacier de l’Homme, et celui du Casset.

Jeudi 20 juillet: lors de cette étape, les cyclistes passeront au 10ème km par l’Argentière-la-Bessés, dont le nom vient des mines qui ont longtemps extrait de la galène, plomb argentifère, exploitée sans discontinuer du Moyen-âge au début du XXème siècle. Puis, 7 km plus loin, leur route croisera la gorge profonde de Gourfouran, l’un des plus beaux canyons des Alpes! Ils auront également la chance de voir au 30ème km, au dessus de St-Clément, l’un des plus beaux plis des Alpes. On évoquera sans doute la source pétrifiante de Reotier ou encore les sources hydrothermales du plan de Phazy.

Pli de St-Clément

 

Vendredi 21 juillet: direction le sud, avec au 39ème km, dans la vallée juste au-dessus de Théus, le plus bel ensemble de cheminées de fées de France: « la salle de bal des demoiselles coiffées ». Puis, les coureurs entreront par la porte de la Provence, à Sisteron au 82ème km. C’est dans cette région qu’à été découvert un dinosaure, inconnu jusqu’alors: Genusaurus sisteronis. Les cyclistes traverseront le parc régional du Luberon, aux milles curiosités géologiques. Entre 155 et 165 km, vers le Nord du Luberon, on parlera des fameuses ocres, qui ont donné leur nom a des villages, comme Rustrel ou encore Roussillon. Ocre qui a été utilisé pour les soins, notamment de la peau, comme cicatrisant ou apaisant. On évoquera sans doute aussi les gorges du Regalon, parmi les plus étroites des gorges que les promeneurs peuvent emprunter.

Les demoiselles coifées au dessus de Théus, Fr.Latreille

Samedi 22 juillet: pour la première fois, Marseille accueillera une étape contre la montre en individuel: courte étape de 23 km.

Dimanche 23 juillet: retour vers le Nord avec la dernière étape du Tour de France 2017: Montgeron-Paris! On pourra ainsi évoquer les pavés de Paris, pavés de grès provenant de la régions de Fontainebleau et d’Etampes, extraits et taillés à la main par des italiens. L’obélisque place de la Concorde sera peut-être évoqué: offert au roi Charles X par le vice-roi d’Egypte Méhémet Ali en 1830, il est arrivé à Paris en 1833 via le Nil, la Méditerranée, Gibraltar, l’Atlantique, la Manche et enfin la Seine! Cet obélisque fait de granite, contient des enclaves de gabbro.

Pour aller plus loin, les commentaires en détails:

Du 18 au 23 juillet

Vous pouvez aussi retrouver en vidéos les différentes étapes sur le site GeoVal

Bonus, avec des compléments sur les commentaires pour les étapes 15 à 19 par Pierre Thomas (Laboratoire de Géologie de Lyon / ENS Lyon):

Etape 15

Etape 16

Etape 17

Etape 18

Etape 19

Merci de nous avoir suivi!


Tour de France 2017: le programme du week-end!

Le Tour de France continue!

Au programme de ce week-end:

Samedi 15 juillet: les coureurs remontent au nord avec cette 14 ème étape entre Blagnac et Rodez. Ce sera l’occasion d’évoquer la ville de Carmaux au kilomètre 107. Cette ville est en effet établie sur l’un des deux grands bassins houillers qui ont fait la richesse de l’Aquitaine orientale au XIXe et XXe siècle: celui de Carnaux dans le Tarn et celui de Decazeville dans l’Aveyron.

Dimanche 16 juillet: direction vers le Causse de Séverac avec un paysage de calcaires aux reliefs karstiques, et aux niveaux assez marneux permettant des cultures céréalières. Les cyclistes continueront leur course sur le plateau d’Aubrac surmonté de coulées basaltiques. Il sera alors temps d’évoquer un site remarquable à 2km du village de Nasbinals (57ème km): la cascade de Deroc. Leur route croisera également un des plus grands massifs granitique de France: le granite de la Margeride, qui forme parfois d’étrange chaos de boules, comme par exemple au Rouchat (99ème km).

Le plateau de l’Aubrac: berceau d’origine de la race bovine Aubrac.

 

La cascade de Deroc

 

Lundi, c’est de nouveau l’étape REPOS! On se retrouve donc mardi pour la suite de nos aventures géologiques!

 

Bon week-end géologique!

Pour aller plus loin, les commentaires en détails:

Du 15 au 16 juillet

 


Tour de France 2017 et géologie —> la suite!

Hier, c’était l’étape REPOS pour les cyclistes du Tour de France. Ils sont arrivés dimanche dans la soirée depuis Chambéry par avions qui ont atterri sur les aéroports de Périgueux Bassillac et Bergerac Roumanières. Au programme, siestes plus longues, soins et droit aux desserts!

Aujourd’hui, ils poursuivent leur route vers le sud-ouest, nous donnant l’occasion de continuer notre route géologique!

Mardi 11 juillet: aujourd’hui, c’est la journée de la préhistoire et des grottes ornées entre Périgueux et Bergerac. Les coureurs évolueront dans une régions de collines entaillés de vallées encaissées, de gorges, de grottes, d’aven et de doline.

Mercredi 12 juillet: après la Dordogne, c’est au tour du bassin aquitain d’être traversé. On y évoquera le « Sable des Landes », sol peu propice à la culture, ou la garluche, cette concrétion de fer qui a servi à la construction. Plus loin, un mot sur le plus grand réservoir naturel de gaz de Lussagnet sera peut-être dit.

Jeudi 13 Juillet: les cyclistes longeront le front des Pyrénées avant d’aller au cœur. C’est l’occasion d’y évoquer la lherzolite, roche caractéristique du manteau terrestre, que l’on retrouve à Avezac-gare, sur le rocher qui supporte la tour carrée qui domine le village. On retrouve aussi tout au long de l’étape, des terrains plissés, dont un très beau synclinal perché lors du Tour du massif de Cagire et de Gar par les cols de Burat et de Mente, au 210ème km.

Vendredi 14 juillet: toute cette étape se déroulera dans le Parc Naturel Régional des Pyrénées ariégeoises. Les cyclistes passeront au 50ème km près de l’étang de Lherz, site majeur et classé à l’inventaire national du patrimoine géologique. C’est sur ce site que la fameuse lherzolite – pierre de Lherz – a été décrite, faisant de Lherz un étalon international. En arrivant à Foix, il sera peut-être évoqué l’imposant château des Comtes de Foix, qui couronne un relief escarpé constitué par des calcaires coquilliers témoins des mers chaudes qui s’étendaient au sud de la France il y a quelques 210 millions d’années.

Etang de Lherz, Pyrénées ariégeoise, 1264 m d’altitude

 

 

 

 

 

Col d'Agnes (Ariège)

Col d’Agnes, Pyrénées ariégeoise, 1570 m d’altitude (photo : C.Garonne)

Bonne semaine et à vendredi pour la suite des événements!

Pour aller plus loin, les commentaires en détails:

Du 10 au 14 juillet


Tour de France 2017 et géologie

Ça y est, le traditionnel Tour de France a démarré le samedi 1er juillet !

Sa retransmission est suivie en moyenne par plus de 5 millions de personnes. Beaucoup regardent le Tour pour les paysages plus que pour la course, ce qui explique qu’un commentateur dédié présente les châteaux et les églises. Dans cet état d’esprit il a été proposé par Patrick De Wevere du MNHN d’insérer un commentaire géologique qui explique le paysage. Et cette année, cette information est très bien relayée par Franck Ferrand qui l’insère dans ses parties historiques.

L’accumulation de ces « petites » touches permettra de faire prendre conscience que la nature est un tout, que la géodiversité est non seulement le socle de la biodiversité mais aussi le fondement de nos paysages, de l’aménagement du territoire.

Nous avons donc décidé de relayer ces commentaires géologiques régulièrement pour vous faire découvrir ce beau travail de valorisation du paysage. Notons que ce travail a bénéficié de l’implication de diverses associations ou à titre personnel, dont certain-e-s font partie de la section GEOLE (cf document joint).

 

Les différentes étapes de Tour de France

 

Retour en quelques points sur la première semaine :

Dimanche 2 juillet : pour ce 2ème jour,  les cyclistes sont passés par la Belgique dans un territoire renommé pour ses anciennes exploitations de Plomb et de Zinc, près de Aachen (Aix-la-Chapelle). Puis l’étape s’est terminé à Liège, où le charbon a été exploité durant les 4 derniers siècles.

Lundi 3 juillet : on passe là d’un pays plat à une région accidentée, en montant sur les contreforts des Ardennes. Cette ancienne chaîne de montagne atteignait les 6000 mètres! Les sédiments qui s’y trouvaient se sont trouvés comprimés et les argiles se sont alors transformés en ardoises, ardoises qui ont été exploité par l’Homme dans la région.

Mardi 4 juillet : entre Mondorf-les-Bain et Vittel, on été évoqué le sel de la Lorraine appelé aussi l’or blanc, et la fameuse station thermale de Vittel.

Mercredi 5 juillet : pour cette 5ème étape à l’est du Bassin de Paris, les cyclistes ont pu rouler sur une route où les roches ont 240 millions d’années et constituées de grès rouges pour les plus visibles. Ces grès rouges sont notamment utilisées pour les constructions.

Jeudi 6 juillet : de Vésoul à Troyes, toute cette journée s’est passée sur des calcaires datant du Jurassique qui permettent de grandes cultures céréalières.

 

Au programme de ce week-end :

Vendredi 7 juillet : seront évoquées les liaisons entre vignobles et le sol, d’abord pour le champagne, puis en Bourgogne (les Côtes de Nuits sur le Jurassique moyen et les côtes de Beaune sur le Jurassique supérieur).

Samedi 8 juillet : il sera dit que le massif du Jura , n’est qu’un énorme coulis de calcaire sur des couches de sel –que l’on  qualifie de « couches savon ». On évoquera sans doute aussi le fait que la moitié de nos plastiques sont fabriqués à partir de sel gemme (et non de pétrole comme on le croit souvent).

Dimanche 9 juillet : seront présentes les célèbres traces de dinosaures connues dans le Jura, pour le début de l’étape et sans doute, vers la fin (si la course n’est pas trop débridée) que l’eau de la cité thermale d’Aix les bains ressort après un parcours souterrain de plusieurs milliers d’années, soulignant la responsabilité de l’Homme face à l’environnement (ce point sera encore évoqué en Aquitaine).

Bonne découverte et à la semaine prochaine pour la suite !

Pour aller plus loin, voici les commentaires en détails :

Du 2 au 6 juillet 2017

Du 7 au 9 juillet


1er Festival de paléontologie en France

 

Venez découvrir  le 8 et 9 juillet 2017 la toute première édition du festival de Paléontologie à Villers-sur-Mer ! Celle-ci est organisé par le Paléospace l’Odyssée, musée crée en 2011 afin de mettre en valeur les sites géologiques du territoire.

Le temps d’un week-end, vous pourrez participez à des ateliers, à des visites guidées tant sur les falaises les plus célèbres qu’à l’intérieur du musée Paléospace, mais aussi à des conférences et des projections. Vous pourrez également tenter de déterminer des spécimens fossiles !

Festival Villers Affiche

 

Programme en version pdf : festival-fossiles-dinosaures-et-cie 

Pour en savoir plus :

Site de Paléospace

Site de l’office de tourisme de Villers-sur-Mer

 


Un nouveau Géoparc français !

Bonne nouvelle ! Depuis depuis le 1er mai 2017, le parc naturel régional des Causses du Quercy vient d’obtenir le fameux label « Géoparc mondial UNESCO » ! La France compte désormais 6 « Géoparcs mondiaux UNESCO » sur les 119 existants de par le monde : ceux des Causses du Quercy, de Haute-Provence, du Luberon, du Massif des Bauges, du Chablais et des Monts d’Ardèche.

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Parc Naturel Régional des Causses du Quercy

 

Le territoire du parc lotois permet de retracer les 70 derniers millions d’années de son histoire karstique. Le géoparc a pu faire valoir ses phosphatières, gisements des phosphorites du Quercy, qui offrent une vue continue pendant 35 millions d’années sur l’évolution des vertébrés terrestres et du climat pendant l’Éocène et l’Oligocène. Le territoire présente également des sites archéologiques et des sites montrant l’étude des techniques anciennes d’exploitation.

 

 

 

 

Au total, 48 géosites sont accessibles aux visiteurs qui pourront découvrir les liens étroits entre la géologie et les habitants de la région. Le géoparc cherche à développer un géotourisme bénéfique à la totalité de son territoire.

 

Pour plus d’informations :

Article sur la labellisation du PNR des Causses du Quercy en Geoparc UNESCO

 

logoPNRCQ sans fondParc Naturel Régional du Quercy

geoparks_unesco_signatureGéoparc mondial Unesco

 

 

 


Retour sur les Rencontres Géole 2017 : les Géoliens au fond du gouffre !

Rassurez-vous, toute l’équipe se porte bien ! Mais quel endroit pourrait être mieux approprié pour des retrouvailles entre géoliens qu’une cavité souterraine ? C’est donc sous la surface de la magnifique Ardèche, à l’aven d’Orgnac, que les membres de la section Géole de la SGF se sont rejoints pour cette 26ème édition des Rencontres Géole, du 6 au 9 avril 2017. Cette année, ce fut au tour de Maryse Aymes, fondatrice de l’association Clapas, et de Georges Naud président de la Société Géologique de l’Ardèche, de nous concocter un programme riche en émotion, avec comme thématique l’utilisation de l’histoire des sciences pour la vulgarisation des sciences de la Terre.

 

Bien entendu, les géoliens ne sont pas restés quatre jours dans l’obscurité de la grotte ! La visite de l’aven d’Orgnac n’était que l’apéritif proposé en guise d’introduction à la géologie ardéchoise. Cela annonçait le meilleur pour la suite ! Vers 13h30, les cinquante participants se sont donc engouffrés dans l’obscurité de l’aven, guidés par le géologue Philippe Barth racontant avec passion l’histoire et la vie de la grotte. C’est bien connu, l’émerveillement est un puissant allié pour le médiateur scientifique, et il faut bien avouer qu’il est difficile de rester insensible devant une telle œuvre de la nature.

 

Les géoliens étant nombreux cette année, il a fallu diviser le groupe en deux pour la suite du programme. Un groupe est allé visiter “La Cité de la Préhistoire” en compagnie de Philippe Barth, tandis que l’autre groupe a suivi Maryse Aymes, pour une courte randonnée découverte « des mystères du Bois de Ronze » et en particulier le site archéologique de la Baume de Ronze. Un lieu improbable, tout à fait incroyable, et recélant en effet quelques secrets ! Géologiquement parlant, il s’agit d’un ancien aven dont le toit s’est effondré, laissant le chemin libre aux arbres. Finalement, c’est un aperçu de ce que pourrait devenir l’aven d’Orgnac d’ici quelques millions d’années. Petit havre de paix protégé de hautes parois avec un immense abris sous roche, les Hommes du néolithique ne s’y étaient pas trompés et y avaient établi une bergerie. L’intérêt pédagogique de cet endroit à proximité de l’aven d’Orgnac en fait un site de qualité pour les scolaires.

Baume de Ronze (photo : B.Jabveneau)

En parallèle de cet après-midi, les Geoparcs de France ont tenu leur assemblée générale à la Maison du Parc à Jaujac. Le soir venu, les géoliens ont regagné leur centre d’hébergement aux “Jardins intérieurs” à Saint-Privat, en bordure de l’Ardèche, tout à côté d’Aubenas. En attendant le repas du soir, une présentation du label Geoparc mondial UNESCO, en présence notamment du président des Geoparcs de France, était proposée à ceux qui le souhaitaient. Enfin, à l’issue du repas (qui fut, ce soir-là comme tous les autres, excellent), Marie-Line Bardou animatrice en astronomie de l’association « Clair d’étoiles et Brin d’jardin » et Maryse Aymes ont donné une conférence sur la météorite de Juvinas. Ce fut l’occasion ici de rentrer dans le vif du sujet de ces rencontres, puisque cette conférence s’articulait particulièrement autour de l’histoire des sciences.

Vendredi, ce fut la traditionnelle journée consacrée à la découverte du géopatrimoine local ! Emmenés par Maryse Aymes et Georges Naud, les géoliens ont pu profiter d’une excellente journée sous le soleil, à la découverte des géosites et panoramas emblématiques du Géoparc des Monts d’Ardèche.

Naud et Aymes_Célia

Georges Naud et Maryse Aymes à Aizac (photo : C.Garonne)

Les géoliens n’étant pas encore habitués au vocabulaire des géologues des lumières ardéchois, Faujas de Saint Fond et J.-L. Giraud-Soulavie, le premier arrêt fut quelque peu surprenant. En effet, se dirigeant vers la Coupe d’Aizac, nombreux s’attendaient à observer une véritable coupe géologique dans le paysage, tandis que quelques rares géoliens espéraient déjà boire un verre d’une boisson locale ! En fait, la coupe désigne le volcan par sa forme dans le paysage ! D’autres édifices volcaniques ayant façonné le territoire ont été approchés dans la journée, comme Aizac, Jaujac, Mont Gerbier de Jonc, Pays des Sucs…

Les Géoliens ont pris progressivement de l’altitude pour rejoindre à 1 350m la ferme seigneuriale de Bourlatier, datée de 1543. Ce bâtiment est régulièrement enfoui sous les neiges hivernales, exceptionnellement pour un mois d’avril les géoliens ont pu pique-niquer dehors. Outre l’intérêt historique du bâtiment, les matériaux choisis pour sa construction donnent un bel aperçu de la géologie locale, avec par exemple des basaltes, du trachyte ou encore du triffou, roche conglomératique issu d’un phréatomagmatisme.

Bourlatier_Iona

Georges Naud nous raconte les pierres de la ferme du Bourlatier (photo : I.Caffa)

Pour le dessert, les géoliens reprirent la route vers le Pays des Sucs avec un arrêt au Mont Gerbier de Jonc, officiellement reconnu comme la source de la Loire. En vérité, il n’y a pas qu’une seule source, les premières gouttes de la Loire jaillissent en divers endroits avant de former un premier ruisseau. Si le temps manquera aux géoliens pour gravir le Mont, ils prendront tout de même quelques instants pour un petit bœuf musical au son des phonolites !

Mont Gerbier-de-Jonc (Photo: L.Baillet)

Attendus par Emmanuelle Defive maître de conférences à l’Université de Clermont-Ferrand, le bus les conduisit ensuite vers une curiosité géologique encore mal comprise, la rivière de pierres de Pré du Bois. Tout est dans le nom, et il faut reconnaitre que cela ressemble assez bien à ce que l’on imagine. Mais ici, pas de corniche avoisinante, pas d’indice majeur dans le relief, bref, une géomorphologie encore bien mystérieuse !

la rivière de pierres

La rivière de pierre de Pré du Bois (photo : L.Baillet)

Enfin, après un peu de route, les géoliens se sont arrêtés à proximité de la magnifique coulée de Jaujac, offrant ses orgues basaltiques et sa structure complète avec la colonnade, l’entablement et la fausse colonnade. L’excursion s’est terminée à la Maison du Parc où les attendait Lorraine Chenot, présidente du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche, pour une dégustation des eaux minérales locales, comme « La Reine des Basaltes », « la Vernet »… un bar à eaux, une animation très réussie du PNR- Géoparc des Monts d’Ardèche. Cela constitua un bon préambule à la conférence du soir tenue par Georges Naud : « La Valse des eaux minérales ».

Reposés de leur excursion de la veille, les géoliens ont commencé tôt leur journée du samedi, destinée aux différentes communications. En effet, à Géole, chacun peut choisir d’intervenir pour présenter sa structure, son travail, interroger les autres et partager son expérience. C’est aussi le moyen d’avoir un retour constructif sur un projet, et ainsi de pouvoir progresser et trouver de meilleures approches pour diffuser les sciences de la Terre. C’est une journée où les idées fusent, où chacun y gagne dans le partage. Lorsqu’un géolien rentre chez lui après ces rencontres, il porte un élan et un espoir nouveau, et travaille de bon cœur pour franchir les obstacles qui se dressent devant lui. Cette énergie, elle nait de la communauté que forme Géole, ce groupe dispersé aux quatre coins de la France, constitué d’individus parfois isolés mais qui œuvrent tous pour une même cause qui leur tient à cœur et à laquelle ils ont souvent consacré leur vie : la diffusion des sciences de la Terre.

gouter la géologie

Animation originale de Luc David, où nous avons pu goûter la géologie ! (photo : C.Collete))

L’après-midi s’est clôturée par l’Assemblée Générale de la section, ce qui a permis de faire le point sur les activités de l’année passée ainsi que sur les projets à venir. De plus, la section a connu un changement majeur puisque Jacques Avoine, président de Géole-SGF depuis plusieurs années, a passé le flambeau à Christophe Lansigu.

Enfin, la journée s’est achevée comme à l’accoutumée par une soirée festive, où les géoliens ont pu entre autres s’affronter dans un concours de mauvaise foi, ce qui a notamment permis l’élaboration de théories particulièrement loufoques quant à l’origine des rivières de pierres !

Et puis dimanche arriva. Pour cette dernière journée, ceux qui ne prenaient la route que l’après-midi ont pu bénéficier d’une dernière randonnée matinale dans ce beau pays ardéchois. Randonnée, oui, mais sur le sentier géologique « Entre mer et montagne », en référence à la chaine hercynienne et à la mer du Secondaire !

Randonnée autour de la Roche de Gourdon (photo : F.Hobléa)

 

Les derniers géoliens ont parcouru les environs du col de l’Escrinet à la découverte des curiosités géologiques, balayant du regard de magnifiques panoramas, apercevant ici ou là quelques structures détaillées les jours précédents…Bref, une conclusion tout à fait appropriée à ses Rencontres Géole !

Basile Jabveneau